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Halka

@Christian Ganet

Circonova. Les acrobates de Tanger

Interview

Les acrobates marocains reviennent au festival Circonova avec « Halka », un spectacle plus intimiste qui parle de leur histoire. Entretien avec Sanae El Kamouni, directrice du groupe.

Parlez-nous de l'histoire du Groupe Acrobatique de Tanger qui a débuté sur la plage ?
Le Groupe Acrobatique de Tanger a été constitué en 2002 à la suite de ma rencontre avec le circassien Aurélien Bory. L'objectif était de valoriser l'acrobatie marocaine transmise de génération en génération, comme au sein de la famille Hammich depuis sept générations, et des artistes qui n'étaient pas reconnus en tant que tels. Au départ, l'idée n'était pas de créer un spectacle mais de mener des ateliers entre les artistes et le metteur en scène et de les ouvrir à d'autres façons de faire, en leur proposant un univers plus large.

C'est une acrobatie issue d'une tradition ancestrale ?
Jusque-là l'acrobatie marocaine était liée à l'art de la guerre et les acrobates étaient considérées comme des guerriers pas comme des artistes. Une des grandes particularités de l'acrobatie marocaine était la pyramide humaine, dont ils se servaient pour espionner l'ennemi ou accompagner les caravanes commerciales. Il y a 11 ans, on a constaté que tous les maîtres acrobates avaient choisi l'exil, car ils n'étaient pas reconnus chez eux et qu'on perdait cette transmission. On avait envie de donner un nouveau souffle à l'acrobatie marocaine en faisant appel à ces maîtres.

Vous revenez dans ce spectacle aux origines de cette tradition acrobatique ?
« Halka » est la première oeuvre collective du groupe acrobatique de Tanger. Ils avaient envie de prendre la parole sur scène. On a demandé à Abdeliazide Senhadji, fondateur de la compagnie XY, de travailler avec nous et d'apporter un regard extérieur. On revient aussi aux origines de l'acrobatie marocaine inspirée de la Halka, qui est la forme traditionnelle la plus ancienne du théâtre au Maroc et qu'on retrouve partout sur les places. C'est un espace public en forme de cercle où évoluent les artistes, acrobates, musiciens, comédiens. La Halka, c'est l'âme de l'acrobatie marocaine. Ils se sont tous nourris de cette forme de spectacle. C'est un spectacle assez intimiste car il raconte leur histoire à eux. Ils ont par exemple ramené du sable de la plage de Tanger qui est aujourd'hui en voie de disparition car il y a un projet de grand port de plaisance et on a rasé la digue.

Cette collaboration avec Abdeliazide Senhadji a été l'occasion de développer des prouesses techniques ?
Ils se sont dépassés techniquement. Ils ont un savoir-faire qui leur est particulier et Abdeliazide Senhadji les a initiés à d'autres techniques qui se rapprochent plus du cirque contemporain. Il a un univers circassien très enrichissant et on a fait appel à lui pour pousser plus loin le travail. Les corps des acrobates ne sont plus les mêmes. Certains ont commencé l'acrobatie à l'âge de 3 ans et ont des corps fatigués. C'est aussi l'occasion de voir comment ces corps ont réagi après des années de travail. Nordine Allal, qui est le directeur du cirque d'Amiens, leur a servi de coach.


© Le Télégramme
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