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Vera

@Tristan Jeanne Vales

Vera

Une Karin Viard sans pitié...

Karin Viard incarne "Vera", une directrice d'agence de casting sans pitié qui ne tarde pas être dévorée par le système qui l'a propulsée, une pièce "tragiquement drôle" d'un auteur tchèque dénonçant les outrances du néolibéralisme.
La mise en scène de ce texte de Pietr Zelenka, 49 ans, est signée Marcial Di Fonzo Bo, 47 ans, le directeur franco-argentin de la Comédie de Caen, et Elise Vigier, artiste associée.
Perchée sur de rutilants talons aiguilles et moulée dans une jupe en cuir bordeaux qui jure avec le satin violet de son chemisier, Vera trouve que le "monde est merveilleux" car elle vient de "fusionner avec Global Casting", une agence britannique, confie-t-elle à son père, sceptique quand au bonheur réel de sa fille si fière de lui offrir une coûteuse guitare. L'hyperactive mène son agence d'une main de fer, pendue au téléphone, congédiant un acteur en même temps qu'elle en recrute un autre, materne avant d'humilier. Vera "est un personnage tragique, cynique, terrible, qui essaie d'être au maximum dans le système dont elle a compris les rouages. Elle porte les valeurs d'un néolibéralisme poussé jusqu'à son horreur, qui détruit les individus", résume Karin Viard.
Résultat, Vera veut "tout contrôler" y compris le nombre de roses à l'enterrement de son père mais elle ne se souvient plus du nom de l'actrice qui vient de se suicider et dont elle était l'agent. Elle ne sait pas "écouter", ne parvient pas à envisager la relation à l'autre autrement que par l'argent. Et ne tarde pas à sacrifier quelques principes pour satisfaire les exigences de la nouvelle maison-mère. Elle est prise dans un dangereux tourbillon que matérialisent les cinq acteurs qui se relaient autour d'elles dans de multiples rôles...

L'Express

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