;

La Grande Sophie

@Arno Lam

La Grande Sophie

Nos histoires

Dans son univers pop sans pareil ou en simple piano-voix, la chanteuse n'en finit pas d'affiner son écriture. Un septième album riche en surprises.
Pourquoi l'aime-t-on tant, et depuis si longtemps ? Pour sa voix ample, bien sûr, parfaitement juste et toujours claire, premier vecteur sensoriel qui nous emporte. Pour son inépuisable richesse mélodique, qui jamais ne se répète tout en restant limpide — à se demander pourquoi on ne l'entend pas davantage sur des musiques de films. Pour sa discrétion rétive aux compromissions médiatiques et aux postures ; sa faculté à dessiner son propre chemin entre pop et chanson. Pour, encore, la sincérité pudique de ses textes — on y lisait le désir de maternité dans l'album précédent, on y voit aujourd'hui le regret des rendez-vous manqués, avec en fil rouge une cascade de doutes et de craintes face à la fuite du temps. Loin de s'émousser, nos raisons de l'aimer n'ont fait encore que se renforcer au fil des disques, par la grâce d'une écriture qui a beaucoup gagné en raffinement, et d'un son, désormais aussi charpenté que fluide.
Dans ce septième album, dont elle cosigne la réalisation avec un trio de musiciens (Ludovic Bruni, Vincent Taeger, Vincent Taurelle), la chanteuse élargit son spectre, dans le fond comme dans la forme, dégainant ses surprises : Maria Yudina, évocation en clair-obscur d'une pianiste à l'ère de Staline ; ­Hanoï, tableau impressionniste d'une ville qui ne vous lâche plus (et où est né ce disque) ; Ma colère, une incursion rock à la rage tout juste contenue ; Depuis le 11 mars, quête véridique et inespérée d'un rescapé de tsunami... Quant à Tu dors, son premier piano-voix — avec Jeanne Cherhal pour partenaire —, son urgence poétique rappelle celle d'un Alex Beaupain. On ne l'attendait pas là. La Grande Sophie va pourtant encore plus loin, chantant avec une gravité aérienne un désir de transparence mortelle (Je n'ai rien vu venir, inspiré d'un livre de Delphine de Vigan)... Alors, la musique se fait refuge. Pour elle, comme pour ceux qui l'écoutent. 

Télérama

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation adaptée et réaliser des statistiques d'audience du site. En savoir plus

J'accepte