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Figaro divorce

@Simon Gosselin

Après le mariage, « Figaro divorce »

Le Télégramme | SA 19 MARS

« Figaro divorce », pièce d'Horváth mise en scène par Christophe Rauck, sera présentée mercredi 23 et jeudi 24 mars sur la scène du Théâtre de Cornouaille. Entretien avec Christophe Rauck :

Vous avez présenté « Le mariage de Figaro » en 2007 à la comédie française, c'est ce qui vous a donné envie de créer la pièce d'Horváth ?
J'avais la pièce dans la poche depuis un petit moment. À l'époque, Muriel Mayette ouvrait sa saison sur le mariage et terminait sur le divorce. Comme c'était difficile pour moi d'entrer dans la pièce, parce qu'elle n'est pas simple à lire et, qu'à chaque page, on a l'impression qu'il y a des bons mots qu'on connaît déjà, je suis reparti sur « Figaro divorce » pour revenir sur le mariage.

Horváth ancre la pièce dans son époque, l'Allemagne des années 30. Le fait de la remonter aujourd'hui lui redonne une nouvelle actualité ?
Les grands auteurs font des grandes pièces qui n'ont pas besoin d'être réactualisées. Elles sont toujours en lien avec le monde. Je ne l'ai pas située dans l'Allemagne des années 30 car c'est réducteur de la remettre dans son contexte originel. Si la pièce est forte, c'est parce qu'elle résonne d'aujourd'hui plus qu'elle ne résonne d'hier.

C'est une comédie qui parle d'émigration, d'exil, des compromissions que ces situations nous obligent à faire...
Oui et c'est aussi une pièce qui parle d'avenir, de la construction d'un couple par un enfant, de ce que cela veut dire ne pas vouloir avoir d'enfant ou vivre dans une période troublée. Il y est beaucoup question d'humanité. Cela va toucher plusieurs points brûlants, en partant du plus éloigné, l'étranger, jusqu'au plus proche et plus intime, le rapport au couple.

Ces valeurs humanistes sont portées par des femmes ; elles ont le beau rôle dans la pièce ?
Tout comme dans « Le mariage de Figaro », ce sont les hommes qui ont la parole mais ce sont les femmes qui font avancer l'action. Cela me plaît beaucoup, surtout en ce moment.

Horváth est un auteur qui s'intéresse avant tout aux petites gens ?
Pour faire oeuvre d'humanité, il ne faut pas aller la chercher chez les grands. Chez eux, il n'y a que du pouvoir. C'est aussi en cela que cette pièce est actuelle. Avec Horváth, un auteur viennois de culture allemande, de famille hongroise, on voit comment les grands idéaux, les grandes crises vont traverser la population. C'est difficile à monter. Il faut éviter les scènes de genre, les caricatures. C'est relié à un théâtre extrêmement populaire. Et c'est pour cela que c'était très prisé. Nous, on n'avait pas ça. Figaro reste Figaro, on a une relation très lyrique avec la révolution. Lui, il parle de la terreur quand il parle de la révolution et il évoque toutes les révolutions. Son personnage de Figaro est plus sombre, plus sceptique.

Entretien Delphine Tanguy | Le Télégramme Samedi 19 mars 2016

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