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16-0120-belle-hier_C_Jean-Luc Beaujault

La glace exquise de Phia Ménard

Belle d'hier

Coup d’envoi de la saison des festivals avec le rendez-vous de Montpellier Danse. Premières sensations : la pièce habile du Ballet National de Marseille, la glace exquise de Phia Ménard et les folles arabesques de Bouchra Ouizguen.

Sublime « Belle »

Question degrés, Phia Ménard a su jouer avec les sensations fortes, donnant à l’Opéra Comédie la première de « Belle d’hier ». L’artiste singulière manie la glace une fois de plus, mais, à la différence de « P.P.P. » , opus passé, elle en fait cette fois une matière liquide. Le spectacle s’ouvre sur une paroi d’or qui dissimule trois caissons réfrigérés. Dans une pénombre inquiétante, les cinq solistes vont créer un paysage de robes de toutes tailles posées comme des totems. Que la vapeur rend peu à peu vivante. Une fois libéré de son enveloppe de givre, ce vestiaire devient un étrange ballet à coup de seaux d’eau maniés, de frappes répétées par ce quintette féminin.

Finalement mises à nu, les « belles » de Phia Ménard retournent à l’origine du monde dans une séquence à la beauté soufflante, pas si loin des vision d’un Romeo Castellucci. En brodant sur le conte de fées – les cinq protagonistes portent des robes de Cendrillon sous leur combinaison –, Phia Ménard interroge aussi un monde où la représentation des femmes reste sujet à confusion et à domination. Débarrassée de cette seconde peau, la « Belle d’hier » peut enfin vivre sa vie.

Les Echos | 29 juin 2015 | Philippe Noisette
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