Saison 2020-2021 - Edito Vincent Léandri

Edito 2020-2021

Par Vincent Léandri

Au milieu du mois de juin, l’optimisme nous porte et nous voulons croire que, bientôt, nous pourrons enfin refaire société, que nos petites utopies concrètes et éphémères vont reprendre cours, que l’assemblée des spectateurs pourra de nouveau se réunir en son entier, nos liens se rétablir et nos corps se toucher.

« Laissez-nous respirer ! », tel est le slogan, plus rapide que le virus, aussi tonique que nos deux personnages japonais annonciateurs de la saison, qui rassemble à divers points de notre terre, jusqu’aux aborigènes d’Australie, peaux blanches et peaux noires, jeunesses et diversités.

Nous voulons ne pas manquer d’air et croire que le rire, l’esprit critique et la vivacité l’emportent. Qu’ils transcendent les peines, les dislocations et toutes les souffrances de l’enfermement.

Nous voulons respirer le monde et la mondialité les yeux ouverts mais avec euphorie. C’est dans une profonde inspiration que se dessine le geste du musicien au moment du concert, dans un cheminement invisible à l’oeil que s’apprête le surgissement d’une parole de théâtre ou d’un air d’opéra, dans la respiration aussi que se conçoit la phrase du danseur et que se nourrit l’effort du circassien. Tout autant, c’est le souffle du spectateur qui traduit ses émotions et module la réception d’une salle, la rend palpable. Un théâtre ou un chapiteau, ce sont des machines à respirer ensemble, et nous en sortons grandis.

Alors, que reprenne le temps du partage des joies sensibles, celui des fêtes de l’esprit.

Vincent Léandri

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