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L'Absence de père

@Pascal Victor

Lorraine de Sagazan

on a tous en nous quelque chose de Platonov
Médiapart 11.10.2019

Après Lars Noren et Henrik Ibsen, Lorraine de Sagazan dialogue avec Anton Tchekhov. En mettant en scène « L’Absence de père » (sous-titre de « Platonov »), elle pousse plus loin encore un rapport particulier avec le public, l’implication personnelle de ses acteurs et actrices et son tête-à-tête intime avec un auteur.

Il arrive que celle ou celui qui signe un spectacle se présente devant le public avant que la représentation ne commence, pour le remercier d’être là, pour lui donner quelques informations sur ce qu’il va voir. Rien de tel ici. Pour L’Absence de père, le public est disposé en carré sur quatre gradins, Lorraine de Sagazan prend place sur une chaise disposée sur l’un des angles, en sorte que tout le monde puisse la voir et l’entendre, elle ouvre un petit cahier et parle au public. D’elle. Et d’abord de son père qui « rêvait de faire un métier artistique » mais dans son milieu – il est le rejeton de la « vieille noblesse française » –, c’était mal vu. Il ne finirait pas ses jours comme les acteurs du temps jadis enterrés comme Molière à la sauvette dans une fosse commune. Moyennant quoi, il exerce un métier « qu’il déteste depuis 35 ans ». Son rêve, sa fille l’accomplira. Première femme de la famille à « avoir la possibilité de choisir [sa] vie ». Non sans mal. Lorraine de Sagazan sera douze ans actrice avant de comprendre que son désir était ailleurs : de l’autre côté. « Personne ne m’avait appris à désirer pour moi », ce sont là ses derniers mots sortis tout droit d’un divan de psychanalyste. Changement de lumière, elle disparaît, le spectacle commence. Ou plutôt il se poursuit...

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