Henry Purcell / Nahum Tate / Sébastien d’Hérin / Bernard Lévy
En 1689, l’Angleterre ignore encore l’opéra, cette forme hybride qui a déjà conquis l’Italie et la France… Jusqu’à ce que Henry Purcell, organiste à l’abbaye de Westminster, compose Didon et Énée sur un livret du poète Nahum Tate. S’inspirant d’un épisode de
L’Énéide de Virgile, il met en scène les amours de la souveraine de Carthage et du prince de Troie, contre lesquelles une magicienne féroce va bientôt déchaîner les esprits et la foudre. Mais on y trouve aussi des éléments familiers aux Britanniques : trois sorcières tout droit sorties de
Macbeth, une partie de chasse interrompue par l’orage, des marins en virée et, last but not least, une reine héroïque et vertueuse. Une œuvre dont l’influence, continue et obstinée, va façonner la musique anglaise jusqu’à Benjamin Britten et au rock des années soixante.
Comment expliquer le succès toujours renouvelé de ce chef-d’oeuvre du baroque ? Par sa concision fulgurante, par la netteté de sa construction, par le bouleversant lamento de la reine blessée à mort ? Sans doute… Mais aussi par la volonté du compositeur de faire accéder le public à une forme nouvelle. Un pari gagné par-delà les siècles : trois cent cinquante ans après la naissance de Purcell,
Didon et Énée continue de créer de nouveaux amateurs d’opéra.
Sébastien d’Hérin, fondateur des Nouveaux Caractères en 2003, jeune et fougueux claveciniste baroque, présidera à la direction musicale de cet opéra, secondé par Mathieu Romano, directeur de l’ensemble vocal Aedes. Bernard Lévy, découvert à Quimper la saison dernière avec sa mise en scène subtile d’
En attendant Godot, signera sa première création lyrique. Dans le rôle de Didon, on découvrira Isabelle Druet, mezzo-soprano révélation féminine des Victoires de la musique 2010, chanteuse aguerrie et actrice accomplie.
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Production Théâtre musical de Besançon